Classification des athlètes

La classification des athlètes est un élément véritablement unique des parasports. Cette classification vise à garantir une compétition équitable. Puisque chaque sport des Jeux parapanaméricains nécessite des aptitudes et des compétences différentes, l’impact de la déficience sur la performance des athlètes variera en conséquence. C’est pourquoi chaque sport comporte ses propres règles de classification uniques.

La classification est essentielle pour les athlètes ayant un handicap dans le cadre des compétitions au niveau élite pour deux raisons:

  • Elle définit les athlètes admissibles à concourir dans chacun des sports.
  • Elle regroupe les athlètes en catégories, lesquelles sont définies par le degré selon lequel ils sont limités dans leurs capacités à réaliser l’activité.

Ainsi, la classification garantit qu’un athlète ou qu’une équipe rivalise sur un pied d’égalité avec les autres. Elle garantit que la victoire sera déterminée par les aptitudes, la forme physique, la puissance, l’endurance, les capacités tactiques et la concentration mentale — soit les mêmes facteurs expliquant la réussite des athlètes aptes physiquement.

Avant la tenue des Jeux paralympiques ou parapanaméricains, chaque athlète en compétition aura déjà été soumis à une évaluation menée par des officiels techniques autorisés (que l’on appelle les « classificateurs ») nommés par la fédération internationale du sport concerné. Les classificateurs évaluent la déficience de l’athlète et déterminent dans quelle mesure elle a un impact sur sa capacité fonctionnelle sur le terrain de jeu, le tout conformément aux règles de classification du sport en question. Une classification sportive est ensuite attribuée à chaque athlète. 


Déficiences admissibles

Les athlètes ayant une déficience physique, visuelle et intellectuelle peuvent être divisés en 10 types de déficiences admissibles.

Déficiences physiques:

  • Puissance musculaire déficiente: La force générée par les muscles, tels que les muscles d’un membre, d’un côté du corps ou de la partie inférieure du corps, est réduite (par exemple, en raison d’un traumatisme de la moelle épinière, du spina-bifida, de la polio).
  • Amplitude des mouvements passifs déficients: L’amplitude des mouvements pour une ou plusieurs articulations est réduite de manière systématique. Les conditions aiguës, comme l’arthrite, ne sont pas incluses.
  • Perte d’un membre ou déficience d’un membre: Une absence totale ou partielle d’os ou d’articulations par suite d’une amputation en raison d’une maladie ou d’un traumatisme ou d’une déficience d’un membre de nature congénitale (par exemple, la dysmélie).
  • Différence de longueur des membres inférieurs: Raccourcissement significatif d’un os d’une jambe en raison d’une déficience congénitale ou d’un traumatisme.
  • Petite taille : La taille debout est réduite en raison du raccourcissement des jambes, des bras et du tronc dû à un déficit musculo-squelettique des os ou des structures cartilagineuses.
  • Hypertonie: Une augmentation anormale de la tension musculaire et une capacité réduite d’un muscle à s’étirer en raison d’une blessure, d’une maladie ou d’une condition qui endommage le système nerveux central, comme la paralysie cérébrale.
  • Ataxie: Un manque de coordination des mouvements musculaires (comme la paralysie cérébrale, l’ataxie de Friedreich).
  • Athétose: Des mouvements non équilibrés, involontaires et difficultés à maintenir une posture symétrique (par exemple la paralysie cérébrale, choréoathétose).

Déficiences visuelles:

Une déficience visuelle se produit en présence de dommages à un ou plusieurs composants du système visuel, ce qui peut comprendre:

  • une déficience de la structure oculaire/des récepteurs
  • une déficience du nerf optique/des voies optiques
  • une déficience du cortex visuel

Déficiences intellectuelles:

Les déficiences intellectuelles sont définies comme une incapacité caractérisée par des limitations significatives du fonctionnement intellectuel et des limitations significatives des habiletés adaptatives conceptuelles, sociales et pratiques qui se manifestent avant l’âge de 18 ans. (American Association on Intellectual and Developmental Disability, 2010) 


Systèmes de classification

Les systèmes de classification varient selon le sport et sont élaborés par les fédérations internationales (FI) respectives qui régissent le sport concerné.

Les FI déterminent les types de déficiences que le sport prendra en compte. Certains parasports sont conçus pour des athlètes ayant seulement un type de déficience. Seuls les athlètes ayant une déficience visuelle peuvent participer au goalball, par exemple, tandis que l’athlétisme et la natation sont des sports ouverts aux athlètes de l’un ou l’autre des 10 groupes de déficiences.

Les FI définissent également le degré de sévérité d’une déficience nécessaire pour qu’un athlète puisse être admissible à participer au sport; la déficience doit être assez sévère pour avoir un impact sur la performance de l’athlète. Un système de classification doit être mis en place pour chaque sport, puisque chaque sport nécessite des habilités différentes. 


Catégories sportives

Les catégories sportives regroupent les athlètes selon l’impact de leur déficience sur leur performance.

Par conséquent, une catégorie sportive ne sera pas nécessairement composée d’athlètes ayant un type de déficience unique, mais peut être formée d’athlètes ayant divers types de déficiences. Toutefois, ces déficiences différentes auront une incidence similaire sur la performance sportive de l’athlète.

Dans les sports individuels, les athlètes se mesurent contre des athlètes dans leur propre catégorie sportive afin de garantir que l’impact de la déficience est minimisé. À titre d’exemple, en aviron, les athlètes sont en compétition dans trois catégories sportives, à savoir s’ils sont en mesure d’utiliser leurs bras seulement, leurs bras et leur tronc seulement, ou leurs bras, leur tronc et leurs jambes afin de faire accélérer le bateau.

Dans les événements nationaux et les compétitions internationales de plus petite envergure, les athlètes de diverses catégories sportives peuvent se mesurer les uns contre les autres en vue de remporter une seule médaille, et ce, en raison du nombre insuffisant d’athlètes dans chaque catégorie sportive qui sont nécessaires pour créer un événement compétitif. Dans de telles situations, les différentes catégories sportives sont remplacées par des coefficients afin de prendre en compte les divers niveaux de limitations pour l’activité donnée.

Certains parasports comptent seulement une catégorie sportive, comme la dynamophilie. Pour participer à ces sports, les athlètes doivent uniquement respecter le critère minimal en ce qui a trait à la déficience.

Pour les sports d’équipe, comme le rugby en fauteuil roulant, des points sont attribués à chaque membre de l’équipe selon leur limitation à l’égard de l’activité. Plus le pointage est bas, plus la limitation à l’égard de l’activité est sévère. Le pointage de l’équipe ne peut pas être supérieur à un total maximal de points sur le terrain de jeu au même moment, ce qui permet de garantir une compétition égale avec l’équipe adverse.


Allocation de la catégorie sportive

L’allocation de la catégorie sportive est effectuée par des classificateurs qui sont des experts techniques dans leur domaine, et qui détiennent une formation médicale en ce qui a trait aux déficiences visuelles, physiques et intellectuelles. Chaque FI forme et certifie des classificateurs afin qu’ils établissent la classification dans leur sport respectif.

La classification a lieu avant chaque compétition. Selon la déficience, un athlète peut faire l’objet de plusieurs classifications au cours de sa carrière. Certaines déficiences peuvent changer au fil du temps. En effet, l’acuité visuelle peut diminuer ou l’hypertonie peut augmenter.